GOUVERNANCE DE LA FIFA : LE SIGNAL D’ALARME

Infantino sous pression : la fronde qui a sauvé le jeu (pour l'instant)

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Face au levier de bouclier unanime des 55 fédérations européennes de l'UEFA menaçant de boycotter les compétitions de la FIFA, ainsi qu'au rejet de la Concacaf et de l'AFC dénonçant l'absence de consensus, Gianni Infantino a finalement abandonné son projet d'ouvrir la gestion commerciale de la Coupe du monde et du Mondial des clubs à des investisseurs privés, parmi lesquels figurait notamment le fonds « Thrive Eternal » de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner.


La résistance a fonctionné. Pour cette fois.


Mais l'affaire dépasse l'avenir personnel du président de la FIFA désormais fragilisé par une contestation sans précédent. Elle pose une question essentielle : « Le football appartient-il encore à ceux qui le pratiquent et le regardent, ou devient-il la propriété de ceux qui disposent des capitaux pour l'acheter ? » 

L'argent fait partie de l'écosystème sportif depuis longtemps. Nul n’ignore que les droits télé, les commandites, la billetterie et les partenariats financent les compétitions et le développement. On comprend alors que la tentation de trouver de nouvelles ressources pour soutenir les fédérations les plus modestes est légitime.


À notre humble avis, le problème commence lorsque l'argent cesse d'être un moyen pour devenir une autorité ; lorsqu'il dicte le calendrier, multiplie les matchs et transforme les grandes épreuves en produits uniquement financiers. 



Cette initiative d'Infantino illustre les failles de la FIFA déjà dénoncées dans notre article du 20 juillet (« QUI CONTRÔLE LA FIFA ? https://mickelsonthomas.com/article/sport/qui-contr-le-la-fifa/107 »), une gouvernance unilatérale, à la limite du mercantilisme, qui tente d'imposer des mutations majeures à la Coupe du monde sans concertation avec les acteurs du jeu. Le président de l'AFC, Cheikh Salman, l'a résumé après le retrait du projet : « L'avenir du football mondial doit toujours passer par la consultation et le respect des structures de gouvernance existantes. Aucun acteur ne devrait être réduit au rôle de spectateur face à l'avenir d'un patrimoine commun. »

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Aussi, en avançant sans débat, la FIFA offre-t-elle un mauvais exemple aux fédérations nationales, auxquelles elle exige transparence et bonne gouvernance. Elle ne peut pas, à la base, réclamer ce qu'elle contourne au sommet.


Fort de cela, des contre-pouvoirs crédibles s'imposent : approbation du Conseil et des confédérations pour toute réforme commerciale majeure, publication des études financières, et représentation réelle des joueurs via leurs associations, clubs, voire même supporters dans les décisions structurantes.


La mobilisation de l'UEFA, de la Concacaf et de l'AFC montre que le pouvoir du Président de la FIFA rencontre des limites lorsque les institutions décident enfin d’exercer pleinement leurs prérogatives.

Reste le dilemme : le football a besoin de capitaux pour grandir, mais aussi de règles pour ne pas être confisqué. Financer le jeu, oui. Le posséder, jamais.


 

Sources / Références

  1. Eurosport, « Coupe du monde - Sous la pression, Gianni Infantino recule et renonce à son projet d'investissements privés à la FIFA », https://www.eurosport.fr/football/coupe-du-monde-sous-la-pression-gianni-infantino-recule-et-renonce-a-son-projet-dinvestissements-prives-a-la-fifa_sto23324408/story.shtml
  2. Yahoo Sports, « FIFA, Gianni Infantino scrap plan to sell investment stake in World Cup », https://sports.yahoo.com/soccer/article/fifa-gianni-infantino-scrap-plan-to-sell-investment-stake-in-world-cup-233950232.html
  3. RTS « FIFA: Infantino renonce au projet d'investisseurs privés » https://www.rts.ch/sport/football/2026/article/fifa-gianni-infantino-renonce-au-projet-d-investisseurs-prives-29317773.html

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