Le massacre de Kenscoff, au moins 47 morts, des exécutions dans une église, plus de cinquante personnes enlevées, appelle colère et comptes à rendre.
La coalition VIV ANSANM via son antenne "gang 5 Segond" en a revendiqué la responsabilité autorisant d'aucuns à y lire un message adressé à l'État et à la police, à quatre mois d'élections générales, les premières en plus d'une décennie.
La coalition VIV ANSANM via son antenne "gang 5 Segond" en a revendiqué la responsabilité autorisant d'aucuns à y lire un message adressé à l'État et à la police, à quatre mois d'élections générales, les premières en plus d'une décennie.
Au-delà du drame, l'attaque est une démonstration de force contre l'autorité de l'Etat, précisément au moment où celle-ci cherche à se refonder par les urnes.
Je choisis pourtant de regarder ailleurs que l'invective aux autorités gouvernementales chargées de protéger les vies et les biens, l’impuissance collective qui finit par s’en remettre à Dieu, peut-être trop sollicité pour suppléer nos propres défaillances, ou les promesses opportunistes de candidats se mettant en scène sur le drame.
Mon inquiétude est ailleurs: que disent les drames, Kenscoff et les massacres qui l'ont précédé de notre présent qui se désagrège, et surtout de l'avenir qui ne se dessine plus ?
Faut-il relire Les Racines historiques de l'État duvaliérien de Michel Rolph Trouillot pour se demander si certaines conditions ayant favorisé l'éclosion de régimes autoritaires ne se recomposent pas sous nos yeux ?
L'historien interrogeait déjà, dans un style unique, la fracture entre État et nation, la prédation, la concentration du pouvoir, tout en démontrant qu'Haïti a connu plusieurs pouvoirs forts promettant l'ordre, sans qu'aucun n'ait fait de l'égalité des chances une politique d'État viable.
Je ne peux rien prédire sinon que de décrire un mécanisme plus discret, sinon insidieux : la dictature d'un quotidien délétère.
Se nourrir, circuler, habiter un quartier, protéger les siens, éviter une balle perdue, ne pas être enlevé, tout se négocie chaque jour autour de l'incertitude.
L'Haïtien devient un Sans demain fixe, condamné à l'urgence plutôt qu'à la construction du lendemain.
Aussi, face à l'effondrement du monopole de la violence, l'argument d'un pouvoir autoritaire comme mal nécessaire mérite-t-il d'être soulevé avec cette question: a-t-on connu un régime fort haïtien ayant offert, en échange de la liberté cédée, la sécurité promise durablement ?
Selon moi, c'est cette défaillance, plus que la tentation elle-même, qui devrait nous inquiéter : quand l'État ne peut plus offrir d'horizon viable, l'ordre promis se confond souvent avec l'avenir promis, sans jamais le devenir.
Je choisis pourtant de regarder ailleurs que l'invective aux autorités gouvernementales chargées de protéger les vies et les biens, l’impuissance collective qui finit par s’en remettre à Dieu, peut-être trop sollicité pour suppléer nos propres défaillances, ou les promesses opportunistes de candidats se mettant en scène sur le drame.
Mon inquiétude est ailleurs: que disent les drames, Kenscoff et les massacres qui l'ont précédé de notre présent qui se désagrège, et surtout de l'avenir qui ne se dessine plus ?
Faut-il relire Les Racines historiques de l'État duvaliérien de Michel Rolph Trouillot pour se demander si certaines conditions ayant favorisé l'éclosion de régimes autoritaires ne se recomposent pas sous nos yeux ?
L'historien interrogeait déjà, dans un style unique, la fracture entre État et nation, la prédation, la concentration du pouvoir, tout en démontrant qu'Haïti a connu plusieurs pouvoirs forts promettant l'ordre, sans qu'aucun n'ait fait de l'égalité des chances une politique d'État viable.
Je ne peux rien prédire sinon que de décrire un mécanisme plus discret, sinon insidieux : la dictature d'un quotidien délétère.
Se nourrir, circuler, habiter un quartier, protéger les siens, éviter une balle perdue, ne pas être enlevé, tout se négocie chaque jour autour de l'incertitude.
L'Haïtien devient un Sans demain fixe, condamné à l'urgence plutôt qu'à la construction du lendemain.
Aussi, face à l'effondrement du monopole de la violence, l'argument d'un pouvoir autoritaire comme mal nécessaire mérite-t-il d'être soulevé avec cette question: a-t-on connu un régime fort haïtien ayant offert, en échange de la liberté cédée, la sécurité promise durablement ?
Selon moi, c'est cette défaillance, plus que la tentation elle-même, qui devrait nous inquiéter : quand l'État ne peut plus offrir d'horizon viable, l'ordre promis se confond souvent avec l'avenir promis, sans jamais le devenir.
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