Le 1er décembre 2025, un décret devait ouvrir la voie aux premières élections générales en Haïti depuis 2016 et rendre enfin au pays des dirigeants élus. Le 2 juin 2026, un autre l'a remplacé. Le 5 octobre, un amendement est venu corriger le décret de juin, et les élections ont été reportées sans date.
Trois textes en dix mois sans aucun scrutin à l'horizon. Aussi la question du titre relève-t-elle moins de l'ironie que du gros bon sens.
Ce va-et-vient des décrets a une cause que l'on nomme rarement. Depuis janvier 2023, Haïti n'a plus de Parlement. La loi électorale est devenue un acte de l'exécutif, rédigé, retiré et réécrit au gré des rapports de force et des intérêts du moment.
Ce va-et-vient des décrets a une cause que l'on nomme rarement. Depuis janvier 2023, Haïti n'a plus de Parlement. La loi électorale est devenue un acte de l'exécutif, rédigé, retiré et réécrit au gré des rapports de force et des intérêts du moment.
L'amendement d'octobre en offre l'illustration. Il a levé l'exigence qui écartait de fait les personnalités frappées de sanctions étrangères, notamment pour des liens présumés avec les gangs. Seules les personnes sanctionnées par l'ONU restent inéligibles.
Personne ne conteste la difficulté de voter sous la menace des armes, ni le manque de financement. Mais l'insécurité n'explique pas cette inflation normative.
Tant que les textes électoraux resteront révocables et amendables ad nutum, chaque report appellera son décret, et chaque décret son prochain report, d'où cette question lancinante: À quand donc les prochaines élections ?
Personne ne conteste la difficulté de voter sous la menace des armes, ni le manque de financement. Mais l'insécurité n'explique pas cette inflation normative.
Tant que les textes électoraux resteront révocables et amendables ad nutum, chaque report appellera son décret, et chaque décret son prochain report, d'où cette question lancinante: À quand donc les prochaines élections ?
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