Ils sont nombreux à vouloir s'asseoir dans le fauteuil présidentiel.
Avant qu'ils y prennent place, une question devrait leur être posée : que feront-ils de la tache ?
Le 7 juillet 2021, un président de la République a été assassiné dans sa résidence.
Avant qu'ils y prennent place, une question devrait leur être posée : que feront-ils de la tache ?
Le 7 juillet 2021, un président de la République a été assassiné dans sa résidence.
En cinq ans, premiers ministres et membres du Conseil présidentiel de transition se sont succédé. La tache, elle, est restée.
À Miami, la justice américaine juge. En mai 2026, un jury fédéral a reconnu coupables quatre accusés ; huit co-conspirateurs avaient déjà plaidé coupable.
En Haïti, aucun procès. Le 20 septembre, le ministère de la Justice a autorisé le transfert vers les États-Unis de dix-huit détenus, parmi lesquels Joseph Félix Badio, en reconnaissant lui-même que la procédure nationale n'avait pas abouti. L'État haïtien tenait les accusés. Il les a remis aux États-Unis.
On peut comprendre la coopération avec Washington; moins le fait qu'une République souveraine laisse le soin à une juridiction étrangère de juger les accusés de l'assassinat avoue une impuissance que le débat électoral ne saurait éluder.
Aussi, au-delà des questions portant sur l'économie, la gouvernance, les infrastructures et autres, deux thématiques devraient-elles dominer la campagne : l'insécurité et l'impunité, qui se nourrissent l'une l'autre.
Et pour cause, si l'assassinat d'un chef d'État attend encore son procès, que peuvent espérer les familles des victimes des massacres et des enlèvements ?
Les candidats devront répondre sans faux-fuyants. Les électeurs ont le droit de connaître leurs positions et, plus encore, les mesures concrètes qu'ils proposent : faire aboutir le dossier du 7 juillet, protéger les juges d'instruction, rendre aux tribunaux les moyens de juger, dire la vérité judiciaire ici, et non seulement ailleurs.
Il ne leur revient pas de désigner les coupables. Il leur revient de dire comment ils veilleront au fonctionnement régulier des pouvoirs publics, à commencer par celui qui juge.
Avant le fauteuil, la tache.
Elle est encore là.
À Miami, la justice américaine juge. En mai 2026, un jury fédéral a reconnu coupables quatre accusés ; huit co-conspirateurs avaient déjà plaidé coupable.
En Haïti, aucun procès. Le 20 septembre, le ministère de la Justice a autorisé le transfert vers les États-Unis de dix-huit détenus, parmi lesquels Joseph Félix Badio, en reconnaissant lui-même que la procédure nationale n'avait pas abouti. L'État haïtien tenait les accusés. Il les a remis aux États-Unis.
On peut comprendre la coopération avec Washington; moins le fait qu'une République souveraine laisse le soin à une juridiction étrangère de juger les accusés de l'assassinat avoue une impuissance que le débat électoral ne saurait éluder.
Aussi, au-delà des questions portant sur l'économie, la gouvernance, les infrastructures et autres, deux thématiques devraient-elles dominer la campagne : l'insécurité et l'impunité, qui se nourrissent l'une l'autre.
Et pour cause, si l'assassinat d'un chef d'État attend encore son procès, que peuvent espérer les familles des victimes des massacres et des enlèvements ?
Les candidats devront répondre sans faux-fuyants. Les électeurs ont le droit de connaître leurs positions et, plus encore, les mesures concrètes qu'ils proposent : faire aboutir le dossier du 7 juillet, protéger les juges d'instruction, rendre aux tribunaux les moyens de juger, dire la vérité judiciaire ici, et non seulement ailleurs.
Il ne leur revient pas de désigner les coupables. Il leur revient de dire comment ils veilleront au fonctionnement régulier des pouvoirs publics, à commencer par celui qui juge.
Avant le fauteuil, la tache.
Elle est encore là.
Commentaires
Ajouter un commentaire