7 février 2026 : le saut dans l’inconnu

Le pari du 7 février 2027

image principale de l'article 7 février 2026 : le saut dans l’inconnu dans le blog MT1969 de Michelson Thomas

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Le 7 février 2026 ne clôt pas une séquence : il inaugure une zone d'incertitude historique.
Cette date, censée baliser la transition, s’est muée en point de bascule où le pays n’avance plus par certitudes mais par tâtonnements, oscillant entre peur et l’espérance. 

Nul ne peut, aujourd'hui — sauf les prophètes improvisés et autoproclamés qui inondent l’espace public de prédictions sibyllines et interchangeables — prédire le dénouement de ce moment ; tout au plus pouvons-nous reconnaître que le pays marche, désormais, au bord d’un précipice, tout en refusant de tomber.

L’incertitude est avant tout sécuritaire. La violence armée a recomposé l’espace national, fragmenté les territoires et altéré la possibilité même de « vivre ensemble.»

Dans le même temps, une grande partie des médias s’est éloignée de leur mission première — informer, éclairer, vérifier, contextualiser et relier la société à elle-même — pour courir après le buzz, l’audience, la polémique, et surtout les prébendes.

Dans ce contexte, parler d'élections sans parler d’ordre public revient à dessiner des plans de maison sur un sol mouvant; quoique des signes récents témoignent d’un effort réel des forces de l’ordre pour contenir et repousser les gangs armés, ouvrant de timides brèches d’espoir dans un paysage sécuritaire longtemps dominé par une certaine impuissance.

Et cependant, au cœur de ce vacillement de l’État et de cette souffrance prolongée, persiste, chevillée dans l'être de chacun de nous, une espérance obstinée : celle d’un rétablissement réel de la sécurité afin que les routes redeviennent des passages sûrs et non des zones de non-droit, que l’école cesse d’être un espace à risque, que les marchés retrouvent leur tintamarre habituel et que l’État cesse d’être perçu comme lointain, distant voire confisqué par des intérêts claniques.

Mais mon espoir va plus loin. Il porte aussi le désir que le pays réapprenne à socialiser autrement que derrière les écrans, dans une sociabilité numérique rythmée par des réseaux sociaux aux conséquences souvent incontrôlables : emballements, lynchages médiatiques, désinformation virale, l'appauvrissement de la conversation publique remplacée par des fragments, des hashtags, des colères et des injures instantanées.

L’horizon commun d'un espoir de retrouver la sécurité physique, une vie sociale faite de rencontres, de débats réels, de places publiques vivantes, et d’un journalisme digne de ce nom se projette désormais vers le 7 février 2027; nouvelle date butoir chargée d’une promesse et d’une responsabilité : celle de voir le pays doté d’autorités légitimées par des élections tenues fin 2026. 

Cette perspective est un pari civique — l’idée qu’après tant de balbutiements, de vacillements, de dérives et de fractures, notre pays puisse renouer avec un pouvoir issu du suffrage populaire, capable d’incarner la sécurité, la dignité, la décence, la continuité et l'autorité de l’État. 

Les prochaines élections sont le rendez-vous du peuple avec lui-même, où il devra prouver qu’il peut transformer les épreuves du passé en refondation et l'incertitude chronique en renouveau démocratique.

Est-ce possible ?

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