MINISTÈRE DE LA JEUNESSE, DES SPORTS ET DE L’ACTION CIVIQUE – LA JEUNESSE ET L’URGENCE DE PRODUIRE

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Alors que l’entrepreneuriat-jeunesse s’impose dans le débat public, on s’étonne de l’absence singulière du ministère en charge de la jeunesse (MJSAC). Laissant le vide se faire, il cède la place à d’autres – Commerce et Industrie avec le PAPEJ, Économie et Finances avec le PIJE.
Fort de vingt-cinq ans d’expérience au sein du MJSAC, je constate que rares sont les équipes ministérielles à avoir saisi l’entrepreneuriat des jeunes comme un levier essentiel pour intégrer la jeunesse dans l’assiette fiscale et forger une véritable « citoyenneté économique ».

L'attrait de la fonction publique pour les jeunes, dans un pays marqué par une sévère dictature du quotidien, se comprend par la recherche de sécurité. Comment peuvent-ils s'imaginer que l’entrepreneuriat soit également une voie légitime, viable, voire indispensable au développement durable, sans qu'on leur apprenne cela ?

Aussi est-il opportun de saluer certaines écoles qui ont intégré l’économie à leurs cursus, préparant ainsi les élèves à comprendre certains paramètres du monde réel avant de s’y heurter.

De même, quelques initiatives citoyennes vont dans le bon sens. Des économistes reconnus comme Kesner Pharel et Etzer Emile — parmi d’autres — s’emploient, par leurs interventions, à faire de l’éducation économique un outil de vulgarisation et d’émancipation citoyenne. Leurs plateformes indiquent clairement que la trajectoire pour rompre avec le triptyque de l’informel, de l’assistanat et de la dépendance doit être envisagée, sinon privilégiée, pour donner à la jeunesse les moyens de produire, d’innover et de créer de la valeur afin de s’insérer pleinement dans la vie économique. Elles rappellent aussi, contre une fausse idée répandue, que l’entrepreneuriat n’est ni une facilité ni une échappatoire au travail quotidien, mais une autre manière d’assumer l’effort, la responsabilité et le risque.

Notre pays peut-il se reconstruire avec des files d’attente devant les institutions publiques et dans les antichambres des directeurs et des ministres ?

Le vrai problème n’est pas le manque de talents, mais l’absence d’orientation stratégique de l’État dans son ensemble. Nos politiques de jeunesse parlent d’ailleurs maladroitement de Sport, parfois de civisme, sans évoquer la production, l’insertion économique, la création de valeur ou la citoyenneté, et sans parler de la contribution fiscale des activités qui peuvent s’y rattacher. Or, une Jeunesse qui produit est une Jeunesse qui s’implique, qui investit dans la stabilité sécuritaire et économique; une Jeunesse qui devient un acteur de l’ordre et de la SÉCURITÉ (On y reviendra) plutôt que sa première victime.

Le MJSAC devrait être l’un des pivots de cette transformation, et non un organisateur d’activités cosmétiques non-pérennes, mais comme concepteur de passerelles concrètes entre formation, accompagnement, financement et insertion économique. Cela suppose une vraie stratégie publique de l’entrepreneuriat des jeunes, avec des objectifs clairs, des partenariats privés et des mécanismes de suivi.

À vrai dire, vu les scandales et les dossiers de corruption désormais publics, il est peut-être préférable que l’équipe actuelle reste loin de ces fonds : l’expérience récente montre qu’elle a surtout un talent certain pour faire disparaître l’argent avant que les jeunes n’en voient la couleur.

Et si nous changions de paradigme ? La Jeunesse haïtienne n’a pas besoin qu’on la gère ou qu’on l’assiste, mais qu’on lui permette de produire, d’entreprendre et de construire.

Aussi, l’entrepreneuriat ne se verrait-il pas comme cet amalgame désorganisé, mais comme la condition structurée de la survie sociale, économique et politique du pays ?

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