FOOTBALL HAÏTIEN : LE COMITÉ DE NORMALISATION (CN) GAGNE LE PARI DE LA GOUVERNANCE CREDIBLE AUPRÈS DES SPONSORS PRIVÉS.

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Dans un pays vivant au rythme de la dictature d’un quotidien où la jeunesse, le sport et le civisme sont souvent relégués en arrière-plan des priorités gouvernementales, le football haïtien retrouve un souffle grâce à la gouvernance d’un trio crédible suscitant un engagement inédit du secteur privé. En effet, depuis 2021, le Comité de Normalisation (CN) de la Fédération haïtienne de football, piloté par Monique André, a restauré la confiance au centre du jeu.
Résultat : GB Group, Fondation Paryaj Lakay, DNC, HM Group, Caribex et, plus récemment, Natcom ont signé des partenariats couvrant certains besoins logistiques et financiers des sélections U17 et seniors des deux (2) sexes. « Avant, personne ne répondait à nos appels ; aujourd’hui, les entreprises nous sollicitent », résume modestement Monique André, présidente du CN.

Il est cependant regrettable que les dirigeants du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique(MJSAC), en déficit chronique de crédibilité, car empêtrés dans des scandales de corruption, ne puissent ni s’inspirer de cette dynamique ni en être le relais institutionnel légitime.

Dans un contexte d’instabilité politique, d’infrastructures sportives dégradées et de violences urbaines, le football, rare motif d’unité et de fierté nationale, aurait pu permettre à l’État, grâce à une gouvernance vertueuse au sein du MJSAC, de devenir un partenaire central de cet élan, au lieu d’appuis intervenus plus tardivement que souhaité - que nous essaierons de comprendre à l’aune de priorités concurrentes - alors que l’urgence sportive commandait souvent des décisions plus célères.
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Heureusement que le Comité de Normalisation a su fédérer et que des acteurs du Secteur privé, souvent mal compris, ont répondu présents, laissant prévaloir le sens d’une « responsabilité sociale » exemplaire malgré ses propres contraintes et goulets d’étranglement, convaincus par les garanties d’une absorption vertueuse et d’une gestion rigoureuse des ressources placées sous la responsabilité du CN.

Resteront toujours les critiques faciles de certaines mauvaises langues, qui avanceront que les compétitions nationales, bien que partiellement restructurées, n’ont pas pu se tenir dans toutes les catégories comme en temps normal. Ils feindront d’ignorer la gravité du contexte sécuritaire et la précarité de l’environnement économique.

Ces détracteurs oublieront surtout que, dans un tel climat, réussir à mobiliser autant de sponsors privés autour de la structure fédérale relève moins de la routine que de l’exploit, et mérite davantage d’être salué, d’autant que l’exigence nouvelle de gestion rigoureuse est désormais perçue comme un véritable gage de sérieux et de crédibilité par les partenaires potentiels.

D’où la décision de faire des choix stratégiques responsables. Le CN, ayant fait du Mondial 2026 un levier d’accélération, a logiquement concentré l’essentiel sur la qualification des Grenadiers. Choix gagnant !.
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Au bout du compte, c’est tout un écosystème socio-économique qui s’est remis à respirer autour du football. L’engagement conjugué du GB Group, de la fondation Paryaj Lakay, de la DNC, de HM Group, de Caribex, de la Natcom et d’autres partenaires a rendu possible ce qui paraissait inimaginable : la qualification historique des Grenadiers pour la Coupe du Monde 2026, la première depuis plus d’un demi-siècle.

Cet acquis, personne ne pourra l’effacer du bilan du Comité de Normalisation, conduit avec une autorité tranquille par Monique André, qui a su fédérer les énergies et restaurer la confiance.

Il appartient désormais aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités, car si la contribution de l’État ne peut être majoritairement financière, elle doit impérativement être morale, logistique et sécuritaire : la restaurer la confiance dans le MJSAC, rétablir la stabilité et la sécurité sont les conditions sine qua non attendues par des jeunes, des sportifs, et plus largement une population en détresse ; et réclamée par un secteur privé essoufflé qui, dans un cadre apaisé, aurait pu encore mieux contribuer à l’essor du Sport haïtien, et du football en particulier.

En garantissant ce cadre stable, l’État redeviendrait enfin le partenaire indispensable qui permettrait à la dynamique collective de s’épanouir pleinement, pour construire, match après match, un avenir pérenne porté par le triptyque fondateur Jeunesse–Sport–Citoyenneté.

Il convient, en définitive, de saluer ces entreprises qui choisissent d’investir dans le sport souvent sans garantie de retour immédiat, par sens de la responsabilité sociale autant que par pari sur l’avenir. Souhaitons-leur que cet engagement courageux trouve demain une juste récompense, car la vertu n’exclut ni la performance ni la légitime espérance de retours mutuellement bénéfiques.

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