Cette deuxième et dernière partie examine les responsabilités qui semblent tenir de l'abdication générale, pour finalement formuler, sans prétention, des interrogations essentielles pour un débat, somme toute, nécessaire.
Les paris sportifs promeuvent une fausse économie de l'espoir qui masque une bombe à retardement sociale.
Celle-ci est activée subtilement par des mécanismes techniques poussant à rejouer, en créant une illusion de contrôle.
Or, cet effet est exacerbé par l'absence des outils d'auto-exclusion pourtant obligatoires selon les standards internationaux.
Pourtant, le regard inexistant de l’Etat haïtien est malheureusement renforcé par une vigilance parentale souvent en berne - elle-même noyée dans la lutte pour la survie quotidienne - et le laxisme d’une Société civile apparemment incapable de déceler les dangers liés à cette pratique répandue également au niveau des moins jeunes, notamment par l’illusion de gains mirobolants qu’elle procure dans un pays gangrené par le chômage.
Alors que d’autres pays imposent désormais des garde-fous protecteurs au profit de leur jeunesse sur cette problématique; en Haiti, aucune régulation étatique ni balise proactive de la Société civile ne sont proposées pour encadrer ces pratiques “ludiques”.
Et les mobiles entre les mains de jeunes en manque de repères, au lieu d’être un passeport pour le savoir, sont trop souvent devenus l’écran, témoin sinon complice silencieux des dettes, des hontes bues, des solitudes et dépression, ainsi que de l’amère certitude que le seul hypothétique jackpot accessible reste celui de la survie quotidienne.
Ils révèlent aussi les renoncements collectifs: l’abandon des pouvoirs publics, le défaut de surveillance de nombreux parents dépassés, et l’inertie, sinon le silence d’une Société civile pourtant omniprésente et bruyante sur d’autres fronts plutôt que sur celui, autrement plus important, de déjouer les pièges subtils mais nocifs qui hypothèquent l'avenir de la jeunesse.
Face à cette réalité, la lucidité commande une vigilance collective.
Aussi, soumettons-nous au débat public deux (2) questions fondamentales, qui nous préoccupent profondément :
- Comment briser ce cercle vicieux sans avoir d'abord résolu l'urgence sécuritaire qui maintient la jeunesse en otage ?
- Comment prévenir efficacement les addictions sans offrir aux jeunes des alternatives concrètes : la reconquête de leurs espaces récreatives connectés aux territoires perdus, la réouverture des écoles, une éducation civique revisitée autour de la promotion d'une citoyenneté active, et surtout, la perspective d'opportunités économiques susceptibles de leur rendre leur dignité, autonomie et leur confiance en l'avenir ?
Ces interrogations sont soumises à votre sagesse et à votre discernement dans l'espoir de susciter un débat citoyen non seulement fécond, mais surtout salvateur.
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